Les réactions à la “Stratégie d’action” du MELS
Un coup de barre majeur s’imposait, pour réduire le nombre de décrocheurs, mais la ministre Michelle Courchesne n’a pas su le donner, selon le porte-parole péquiste en éducation, Pierre Curzi.
A ses yeux, la ministre de l’Education a échoué le test, en présentant mercredi un plan d’action contre le décrochage scolaire qui manque d’ambition et de sérieux
L’ADQ:
craint que la diminution du ratio maître-élèves, une bonne initiative, ne se réalise pas, faute d’enseignants.
La ministre Courchesne “veut faire ça, mais ne dit pas comment elle va faire ça”, dit le porte-parole, le député Marc Picard, en rappelant qu’un enseignant ne se “forme pas en quelques mois”.
Francoise David, de Québec solidaire:
déplore que la ministre applique la réduction du nombre d’élèves par classe au niveau primaire, mais pas au secondaire, “où on a vraiment des classes de jeunes surpeuplées”.
Elle juge aussi que la ministre n’a annoncé aucune nouvelle mesure de lutte à la pauvreté des familles, la véritable source du problème de décrochage en milieu défavorisé, selon elle.
“Si les petits enfants sont pauvres, c’est que leurs parents sont pauvres”, dit-elle, en souhaitant une hausse du salaire minimum et des prestations d’aide sociale.
La CSQ et ses fédérations
sont déçues et déplorent l’insuffisance des moyens mis de l’avant.
La Fédération québécoise des directions d’établissement d’enseignement (FQDE), de concert avec l’Association montréalaise des directions d’établissement scolaire (AMDES) ainsi que l’Association québécoise du personnel de direction des écoles (AQPDE):
[...] reçoi[t] avec réserves les mesures annoncées [...] et critiquent les coups d’éclat politiques qui consistent à lancer des plans d’action successifs, chacun ayant son lot de formulaires à remplir. [...]
Trois thèmes interpellent plus particulièrement les directions d’école et une interrogation demeure persistante : combien d’emplois seront créés au sein des commissions scolaires pour veiller au bon fonctionnement du dernier-né des plans?
La ministre de l’Éducation [...] a négligé la forme qui prend pourtant dans ce cas une valeur importante. Pas de premier ministre, pas d’enseignants, pas de directeurs d’école pour l’appuyer lors de la présentation de ce plan si attendu dont le titre est pourtant «Tous ensemble pour la réussite scolaire. L’école, j’y tiens».
[...]De plus, même si la conférence de presse se déroulait dans une école, la ministre Courchesne n’a pas jugé bon de faire entendre la voix des enseignants, des élèves, des directeurs d’école, des parents. Comme si l’école pouvait exister sans eux. Comme s’il suffisait qu’un homme d’affaires (Jacques Ménard) vienne dire bravo à la ministre pour son beau travail pour que plus d’élèves restent en classe plutôt que de décrocher.
Les voix discordantes des syndicats d’enseignants et des associations de directeurs d’école se sont vite fait entendre. Difficile de mobiliser et de convaincre les élèves et les parents de mieux travailler lorsque les principaux acteurs ne semblent pas sur la même longueur d’onde. Pourtant, le plan Courchesne a des mérites.
La ministre a aussi annoncé la création d’un comité de vigie qui sera formé de tout le monde et son père, y compris des élus municipaux. Un comité de gérants d’estrade, comme s’il n’y avait pas déjà assez de monde dans la grande galère de l’école. Leur mandat: suivre l’évolution des taux de réussite, analyser des moyens d’intervention et proposer des ajustements. Misère.
Mme Courchesne a parlé de contrôles fréquents. Elle veut s’assurer que l’argent sera bien dépensé. Un but honorable. Le problème, c’est que les directeurs d’école vont être englués dans une bureaucratie tatillonne.
Je suis de ceux qui croient qu’on avait besoin d’un sérieux coup de barre (ciblé pour la réussite des garçons, en particulier). Nous avons devant nous une petite accélération. Rien pour nous donner le vertige…[...]
J’offre tout de même mon appui à Mme Courchesne parce qu’au moins, il y a plusieurs gestes qui vont dans la bonne direction.
Canoe titre: La ministre coule son examen.